Inspirée des villas italiennes de la Renaissance, la propriété associe architecture, décoration intérieure et jardins en terrasses. Cascades, bassins, cyprès, sculptures et perspectives sur la baie de Cannes composent un décor conçu comme le prolongement naturel de la maison et de l’atelier de l’artiste.
L’histoire de cette magnifique villa à Cannes reste également liée aux débuts du Festival de Cannes. Jean-Gabriel Domergue réalisa l’affiche de la première édition prévue en 1939, finalement annulée en raison du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Léguée à la Ville de Cannes en 1973 et inscrite au titre des monuments historiques depuis 1990, la Villa Domergue accueille aujourd’hui des visites, des expositions et des événements culturels.
L’histoire de la villa reste également liée aux débuts du Festival de Cannes. Jean-Gabriel Domergue réalisa l’affiche de la première édition prévue en 1939, finalement interrompue par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Léguée à la Ville de Cannes en 1973 et inscrite au titre des monuments historiques depuis 1990, la Villa Domergue accueille aujourd’hui des visites, des expositions et des événements culturels.
De la Villa Fiesole à la Villa Domergue
L’histoire de la propriété commence à la fin des années 1920, lorsque Jean-Gabriel Domergue choisit un terrain situé sur les hauteurs de Cannes pour y établir sa résidence et son atelier. La maison est alors connue sous le nom de Villa Fiesole, en référence à la ville toscane dominant Florence, dont les villas et les jardins ont largement nourri l’imaginaire du peintre.
La construction est documentée en 1929 et attribuée aux architectes associés Émile Molinié et Charles Nicod. Jean-Gabriel Domergue intervient toutefois directement dans la conception générale de la demeure, le choix de ses décors et l’organisation des espaces. Il ne souhaite pas simplement disposer d’une maison confortable, mais créer un environnement entièrement consacré à la vie artistique, aux réceptions et à la contemplation du paysage.
Les travaux et les aménagements se poursuivent durant les années suivantes. Les jardins sont notamment développés entre 1934 et 1936, tandis qu’une maison destinée au concierge est reconstruite en 1936. La Villa Fiesole prend progressivement la forme d’un véritable domaine d’artiste, dans lequel architecture, sculpture, végétation et arts décoratifs dialoguent en permanence.
Une résidence pensée pour un couple d’artistes
Jean-Gabriel Domergue est alors un peintre reconnu, particulièrement célèbre pour ses portraits de femmes élégantes et pour ses affiches. Son épouse, Odette Domergue, participe pleinement à l’identité artistique de la propriété. Sculptrice, elle réalise plusieurs œuvres destinées aux jardins et contribue à faire de la villa une création commune.
La demeure doit répondre à différents usages. Elle constitue à la fois une résidence privée, un atelier, un lieu de réception et un espace de représentation. Les Domergue y accueillent des personnalités du monde des arts, de la culture et de la société cannoise, dans un cadre soigneusement mis en scène.
Après la mort de Jean-Gabriel Domergue en 1962, Odette préserve la propriété et y aménage pendant plusieurs années un espace consacré à l’œuvre de son époux. Elle lègue finalement la villa et ses jardins à la Ville de Cannes en 1973, permettant la conservation de cet ensemble remarquable.
Une architecture inspirée des villas italiennes
La Villa Domergue se distingue par une architecture librement inspirée des grandes demeures italiennes de la Renaissance. Son implantation sur un terrain en pente, ses volumes dissymétriques, ses toitures en tuiles et ses façades en pierre composent une silhouette à la fois monumentale et intimement liée au paysage méditerranéen.
La maison ne cherche pas à reproduire fidèlement un modèle historique. Elle propose plutôt une interprétation personnelle de l’architecture italienne, adaptée au mode de vie du couple et à la topographie des hauteurs de Cannes.
Des volumes organisés autour de l’atelier
La propriété comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée et un étage supérieur. L’aile nord se termine par une partie en abside, éclairée par de hautes baies et occupée par l’atelier de Jean-Gabriel Domergue.
Cet atelier constitue l’un des espaces majeurs de la villa. La hauteur des ouvertures favorise l’entrée de la lumière naturelle, indispensable au travail du peintre. La pièce est intégrée à la maison tout en conservant une identité distincte, adaptée à la création et à la présentation des œuvres.
Depuis la cour d’arrivée, un porche rythmé par des arcs en plein cintre permet d’accéder à la demeure. Les terrasses, escaliers et passages extérieurs multiplient les relations entre les espaces intérieurs et le jardin. La circulation ne se limite pas à une succession de pièces : elle se prolonge naturellement vers les patios, les bassins et les différents niveaux du terrain.
Une décoration conçue dans les moindres détails
Jean-Gabriel Domergue accorde une attention particulière à la décoration intérieure. Mobilier, objets, peintures et éléments architecturaux sont choisis pour former un ensemble cohérent, dans lequel se retrouvent son goût pour l’Italie, les arts décoratifs et la mise en scène.
Le salon, l’entrée et les espaces de réception témoignent de cette recherche d’harmonie. La décoration n’est pas conçue comme un simple accompagnement de l’architecture : elle participe pleinement à l’identité de la maison et à l’atmosphère que les Domergue souhaitent offrir à leurs invités.
Les jardins en terrasses de la Villa Domergue
Les jardins constituent l’une des composantes les plus remarquables de la propriété. Aménagés sur environ un hectare et demi, ils exploitent la pente naturelle de la colline pour créer une succession de terrasses, de perspectives et d’espaces aux ambiances différentes.
Jean-Gabriel Domergue puise son inspiration dans les jardins italiens de la Renaissance, notamment ceux de la Villa Gamberaia, près de Florence, et de la Villa Farnèse à Caprarola. Il adapte toutefois ces références à la végétation et à la lumière de la Côte d’Azur.
Une mise en scène de l’eau et de la végétation
Une avenue sinueuse bordée de cyprès conduit les visiteurs vers la cour d’arrivée. Autour de la villa, les terrasses s’organisent selon un axe principal traversant le jardin. Celui-ci descend depuis les espaces consacrés aux plantes aromatiques jusqu’au miroir d’eau, en passant par une cascade et plusieurs bassins.
L’eau occupe une place centrale dans la composition. Cascades, fontaines et miroirs créent des jeux de lumière et accompagnent la progression à travers le domaine. Colonnes, sculptures, obélisques et fragments architecturaux rythment les perspectives et accentuent l’inspiration italienne de l’ensemble.
La végétation associe cyprès taillés, arbres isolés, massifs fleuris, plates-bandes et espaces boisés. Cette diversité permet de créer successivement des zones ouvertes sur le paysage et des espaces plus intimes, protégés par la végétation.
Les sculptures d’Odette Domergue
Le jardin porte également l’empreinte d’Odette Domergue. Plusieurs sculptures ponctuent les allées et les terrasses, parmi lesquelles les représentations des quatre saisons installées dans un hémicycle.
La sculptrice réalise aussi les effigies funéraires du couple, inspirées de l’art étrusque et notamment des tombeaux de Cerveteri. Ces figures ornent le tombeau de Jean-Gabriel et Odette Domergue, aménagé dans une grotte artificielle du jardin.
Conformément à leur souhait, leurs dépouilles, initialement inhumées au cimetière du Grand Jas, ont ensuite été transférées au sein de la propriété. Le jardin prend ainsi une dimension plus personnelle : il devient à la fois une œuvre paysagère, un lieu de mémoire et le dernier repos du couple qui l’a imaginé.
Jean-Gabriel Domergue et la naissance du Festival de Cannes
Le nom de Jean-Gabriel Domergue est parfois associé à tort à la fondation du Festival de Cannes. Son rôle historique est différent, mais néanmoins important : il fut choisi pour créer l’affiche officielle du premier Festival international du film, dont l’ouverture était prévue en septembre 1939.
Cette manifestation devait permettre à la France de proposer une alternative au Festival de Venise et d’affirmer le rayonnement international de Cannes. Le comité d’organisation local confia à Domergue la création d’une affiche destinée à promouvoir l’événement en France et à l’étranger.
Une première édition interrompue par la guerre
À la fin du mois d’août 1939, les premiers invités, artistes, représentants de la presse et personnalités du cinéma commencent à rejoindre Cannes. La ville prépare de nombreuses réceptions et s’apprête à accueillir un événement appelé à devenir l’un des grands rendez-vous culturels internationaux.
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale met cependant fin au projet. L’invasion de la Pologne par l’Allemagne, puis la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni, entraînent le report puis l’annulation de la manifestation.
L’affiche créée par Jean-Gabriel Domergue reste ainsi le témoignage d’une première tentative interrompue. Le Festival de Cannes ne connaîtra sa véritable première édition qu’en 1946, mais la participation de l’artiste à l’événement de 1939 inscrit durablement son nom dans les prémices de l’histoire cinématographique cannoise.
La Villa Domergue aujourd’hui
Devenue propriété de la Ville de Cannes en 1973, la Villa Domergue est aujourd’hui un lieu patrimonial et culturel. La demeure et ses jardins ont été inscrits au titre des monuments historiques en 1990, reconnaissance qui concerne notamment les fabriques, les sculptures et les différents éléments paysagers du domaine.
La villa est gérée par le Pôle d’Art Contemporain de Cannes. Elle accueille ponctuellement des visites guidées, des expositions temporaires et des événements organisés par la Ville. L’accès au public demeure encadré, ce qui permet de préserver le caractère intime de la propriété et la fragilité de ses décors.
Les espaces intérieurs permettent de découvrir l’atelier, le salon, l’entrée et plusieurs pièces témoignant de l’univers artistique des Domergue. À l’extérieur, les visiteurs parcourent les terrasses, les escaliers, les bassins et les jardins qui constituent une part essentielle de l’identité du lieu.
Un patrimoine artistique emblématique de Cannes
La Villa Domergue occupe une place particulière parmi les demeures historiques de Cannes. Elle ne doit pas uniquement son intérêt à son architecture ou à ses jardins, mais à la cohérence de l’ensemble imaginé par Jean-Gabriel et Odette Domergue.
Maison, atelier, sculptures et composition paysagère forment une œuvre globale, profondément marquée par les références italiennes et par l’art de vivre de la Côte d’Azur durant l’entre-deux-guerres. Le legs consenti à la Ville de Cannes a permis de préserver ce témoignage de la vie artistique cannoise et de le transmettre aux générations suivantes.
À l’image du Pavillon de Flore, de la Villa Rothschild ou des grandes propriétés de La Californie, la Villa Domergue rappelle l’importance des demeures d’artistes dans la construction de l’identité culturelle de Cannes. Ces maisons ne sont pas de simples décors : elles racontent l’histoire des personnalités qui les ont habitées, des œuvres qui y ont été créées et de la relation ancienne entre la ville, les arts et l’architecture.
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